Languidic Agadir à vélo

14 août 2011

Comment m'est venue l'idée du périple Languidic - Agadir



C'était le 2ème lundi de décembre 2008. Alors que j'étais à mon bureau, occupé à parapher aux bas de dix pages d'un contrat, j'éprouve des difficultés à tenir correctement mon crayon. La veille, j'avais éprouvé les mêmes sensations étranges pour tenir correctement la fourchette au déjeuner.

Inquiet, je consulte Alain, mon médecin. Il me conseille de me rendre immédiatement aux urgences du centre Hospitalier de Bodélio à Lorient. Je croyais être de retour l'après-midi ; je resterai une semaine à l'hôpital. J'ai subi une série d'examens (scanner, IRM …). Je venais de faire un accident vasculaire cérébral, heureusement transitoire et sans conséquence.

Cette alerte m'a conduit à réfléchir. J'allais vers ma 58ème année. Je devais changer mon rythme de vie, lever un peu le pied au niveau de ma vie professionnelle, faire du sport …

Le 2ème dimanche de janvier 2009, je sors du garage mon vieux vélo Gitane “demi-course” des années 70. Je fais ma première sortie de neuf kilomètres ; il y a un début à tout !  Ensuite ce sera une sortie chaque week-end, avec une augmentation progressive de la distance.

Au mois de juin 2009, après environ vingt cinq sorties dominicales d’une cinquantaine de kilomètres, j'y prends goût et je réalise à vélo le chemin de Compostelle de la frontière espagnole (Roncevaux) jusqu'à St-Jacques soit 800 Km en onze jours.

En juin 2010, je réalise un périple Nice-Rome via Pise, Florence, et Sienne soit 650 Kilomètres en dix jours. Enfin en septembre 2010, je fais le tour de la Corse soit  650 Kilomètres en treize jours.

C'est ainsi que j'ai attrapé le virus de la cyclo-randonnée. Je ne suis pas et n'ai jamais été un sportif, mais aujourd'hui j'éprouve le besoin de faire régulièrement du vélo.

J’ai réalisé mes périples en Espagne, Italie et en Corse, accompagné de mon épouse Huguette qui me rejoignait en voiture à chaque étape.  Pour ce nouveau périple, je pars en solo, avec vingt kilos de bagages dans les sacoches.


carte
Le départ est prévu le 22 août 2011.

 

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15 août 2011

Le vélo pour le périple

Je me suis mis au vélo avec un "demi course" Gitane des années 70, en sommeil depuis de nombreuses années dans le garage. Je l'ai utilisé pour mon premier périple à St-Jacques de Compostelle en juin 2010. Pas vraiment fait pour de la cyclo-randonnée, j'ai subi six crevaisons pendant le périple. Deux plateaux à l'avant, cinq pignons à l'arrière, leviers de vitesse au cadre, les rapports étaient bien trop grands pour grimper les cols dont certains dépassaient 1200 m.

J’avais observé sur le chemin de Compostelle, les vélos des cyclo-randonneurs. Beaucoup de couples hollandais faisaient le chemin à vélo depuis Amsterdam. Leurs montures me paraissaient étranges avec des guidons en forme d’aile de papillon, des sacoches de part et d’autre de la roue arrière, des sacoches fixées à la fourche de part et d’autre de la roue avant. Les cyclo-randonneurs faisaient 60 à 80 kilomètres par jour, à priori, sans difficulté malgré le poids du vélo et des bagages, le tout pouvant atteindre jusque 50 kilos.

A mon retour, je me suis intéressé aux vélos de randonnée. Je lis les expériences des uns et des autres dans les forums sur Internet. Je me rends compte qu’il y a peu ou pas de vélo de randonnée dans les magasins de cycles traditionnels. Ces derniers vendent des vélos dont les cadres, en aluminium, sont assemblés par des robots de soudure. L’aluminium n’est pas le matériau idéal pour les vélos de randonnées. Plus rigide que l’acier, il a pour défaut de transmettre au cycliste les vibrations générées par l’état de la route. C’est pourquoi ces vélos sont généralement équipés d’une fourche suspendue pour absorber les vibrations. On les appelle “VTT” ou vélo tout terrain. La fourche suspendue augmente le poids du vélo et le rend plus fragile. C’est aussi une source de panne en voyage ; la fourche suspendue exige de l’entretien.

Les vélos de randonnée appelés aussi VTC (vélo tout chemin) sont généralement en acier avec un alliage de chrome et de molybdène. Très solide, l’acier au chrome molybdène est également élastique. Il absorbe les vibrations. Il est en conséquence plus confortable. Enfin, l’acier peut être soudé n’importe où, dans n’importe quel pays en cas de rupture du cadre.

Le poids du vélo de randonnée est un paramètre important pour le voyageur. Le vélo doit être léger et robuste pour permettre de charger 20 à 30 kilos de bagages.

Il n’y a pas de bon vélo sans bonne roue. Aussi, la qualité des jantes est primordiale. Il existe deux dimensions : les roues de 700 mm très largement utilisées en Europe et les roues de 26 pouces (660 mm) utilisées dans le monde entier.Les roues de 26 pouces sont préférables pour les “world traveller” car il est bien plus facile de remplacer la jante et les pneu dans n’importe quel pays du monde. Avec des roues de 26 pouces le vélo est moins haut, donc plus facile à enjamber. Enfin, avec des roues de 26 pouces, le franchissement des cols me parait plus aisé.

Les pneumatiques sont aussi un paramètre important pour un vélo de randonnée. Les pneus équipant les vélos dans les magasins traditionnels sont mal adaptés aux  voyages. Outre la qualité de la gomme, le pneu doit contenir une bande anti-crevaison en kevlar.

Les autres accessoires (freins, pédalier, groupe de transmission, béquille) doivent être homogènes. C’est rarement le cas dans les magasins de cycles traditionnels qui proposent des vélos avec des composants au moindre coût.

La selle est aussi un élément important pour le confort du cycliste. Elle sera de préférence en cuir, un matériaux noble qui nécessite cependant une période de rodage. Enfin un bon éclairage est indispensable car, même si l’on roule uniquement de jour, il nous faut parfois traverser des tunnels dans les régions montagneuses.

Le 24 avril 2010, je suis allé à Nantes chez Urba Cycle, prendre possession de mon nouveau compagnon de route. Il s'agit d'un Koga Signature. Assemblé et configuré en Hollande suivant mes prescriptions, la nouvelle machine à fière allure avec son cadre acier en tube Reynolds, son cintre papillon et son fameux moyeu Rolhoff (boîte de vitesse à 14 rapports parfaitement linéaires). On dit que les vélos Koga sont les "Rolls" des vélos pour la qualité de leur construction et leur confort d'utilisation. Je l'ai appelé Roll comme la marque de mon premier vélo que m’avait acheté mes parents lorsque j’avais 5 ans pour aller à l’école, située à 6 km de notre domicile. Avec Roll je ferai mon périple en Italie, puis en Corse.

C'était un super vélo avec lequel j'ai fait 5000 Kilomètres ! J'écris "c'était" car j'ai perdu malheureusement Roll à Languidic le 5 août 2011, à deux semaines de mon départ pour Agadir. Le “mal intentionné” l'a sans doute dérobé pensant qu'il s'agissait d'un vélo ordinaire. A toutes fins utiles je communique le n° du cadre: KG 1022978.

Koga

J'ai recherché dans le réseau Koga une machine identique, cette fois sans le moyeu Rohloff car son coût est prohibitif. Au mois d'août la plupart de magasins “vélocistes” sont fermés ou en effectif réduit pour congés. La mission était impossible.

J'ai alors contacté Gérard Zagar de Gréoux les Bains, ma référence dans le domaine de la cyclo-randonnée. J'ai connu Gérard sur France Inter dans l'émission "Allô la planète" alors qu'il était interviewé de Mauritanie au cours de son périple de 20 000 Km Gréoux Les Bains - Le Cap en Afrique du Sud. J'ai suivi au jour le jour son périple sur son blog http://www.zagafrica.fr. Gérard m'a conseillé le site de vente en ligne “Cyclo-Randonnée”. Son exploitant, Julien Alexandre est lui-même un cyclo-randonneur et son site a une très bonne réputation. Je le contacte ; il m'informe qu'il a deux randonneurs en stock (un exemplaire de taille M et un exemplaire de taille L) en acier au chrome molybdène équipé “Shimano Déore” avec des roues de 26 pouces.

Ne pouvant essayer les vélos, j'ai du faire confiance en Julien pour le choix de la taille. Deux jours après ma commande, le vélo était livré à mon domicile par la Poste ! Merci Julien ! Il me reste neuf jours pour l'équiper des accessoires indispensables et trouver les bons réglages à ma morphologie.

Voici les caractéristiques du vélo que j’ai appelé Roll 2 :

Cadre et fourche : acier Chromo, tubes profilés (ovalisés), oeilleté pour porte-bagages, garde-boue à tringle et deux porte-bidons, traité contre la corrosion, finition noire mate.
Porte-bagages arrière : Tubus Logo -  Porte-bagages avant : Tubus Tara.
Jeu de direction : Cane Creek Tange, roulements annulaires (étanches), trois bagues d'espacement.
Potence : potence réglable Ergotec Swell Eco 100 mm, ajustable de -20° à +40°.
Guidon : guidon papillon Ergotec Contest Traveler - Poignées : mousse haute-densité.
Tige de selle : Suntour SP8-NCX, suspendue à parallélogramme, réglable selon le poids du cyclo Selle : Brooks B17, couleur noire.
Jeu de pédalier : Shimano Deore, rapports courts adaptés à la rando 44/32/22 dents, roulements externes - Manivelles : Shimano Deore
Pédales : VP 197, aluminium forgé à froid, axe acier usiné CNC, roulements étanches.
Chaîne : Shimano Deore - Cassette : Shimano Deore 11-32 dents (9 pignons)
Dérailleur et leviers de vitesses : Shimano Deore.
Freins avant et arrière : V-brake Shimano Deore.
Moyeu avant et arrière : Shimano - moyeu dynamo Shimano DH-3N30 à l’avant.
Jantes : Mavic XM117, 26 pouces, 32 trous. Rayons : inox, 2 mm.
Pneus : Schwalbe Marathon Big Apple 26 x 2.00", Kevlar anti-crevaison
Eclairage : Busch & Müller Lyt Senso Plus (led, 25 lux à 10 mètres) à l’avant, Busch & Müller Toplight Flat (led, ultra-plat, grand catadioptre) à l’arrière.
Garde-boue avant et arrière : SKS, fixation à tringles.
Béquille : standard trop fragile que je remplace par une béquille centrale plus solide.

Poids : 16 kg

 

new velo 2

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20 août 2011

J-2

J-2 : Roll 2 est enfin harnaché




2 sacoches à l'arrière.
L'une contient ma chambre à coucher : tente, matelas, sac de couchage, l'autre ma batterie de cuisine.

2 sacoches à l'avant.
L’une contient mon dressing avec quelques vêtements et linge de corps de rechange. L'autre est mon garde à manger.

1 sacoche de selle.
Elle contient une chambre à air de rechange, un grattoir, des rustines, un tube de colle,  3 démonte-pneu, 1 jeu complet de clés allen.

1 sacoche de guidon.
J’y range mon téléphone, une petite caméra qui fait aussi appareil photos, mes cartes, une batterie tampon raccordée au moyeu dynamo de la roue avant (pour alimenter le GPS et recharger le téléphone et la caméra). J’y range également ma pharmacie et mes papiers.

Le tout pèse vingt kilos, limite que je me suis fixé pour passer les cols sans trop “tirer la langue”. Pour cela il a fallu peser chaque composant en essayant de grignoter par ci et par là quelques dizaines de grammes.

Si on ajoute le vélo (17 kilos), ma ration d'eau (1,5 kg) et le cycliste, c'est 120 kilos que je vais devoir transporter à la force des muscles et des mollets ! Je compte beaucoup sur le cycliste pour qu’il perde quelques kilos avant le franchissement des Pyrénées !

Comme pour Roll 1, la selle de Roll 2 est en cuir. Je la graisse tous les deux jours avant le départ, car je n’ai pas le temps de la roder.

Beaucoup de gens dans mon entourage me disent que ce n’est pas très raisonnable de partir seul et de pratiquer le camping. Le voyage hors de nos frontières crée toujours une inquiétude. Je reste cependant serein, convaincu qu’il ne peut rien m’arriver de bien grave. Agadir n’est pas le bout du monde. Ma volonté est intacte à deux jours du départ. J’ai prévu de déjeuner le midi au restaurant, pour le reste, j’improviserai chaque jour. J’ai rêvé de cette vie de nomade. Tout est maintenant prêt.

 

roll2arnache

 

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22 août 2011

Lundi 22 aout : 1ère étape Languidic – Herbignac

C’est le grand jour. Je quitte le cocon familial à 9h30. Le temps est pluvieux. Nous faisons quelques photos avec Huguette mon épouse, Typhaine ma petite fille et des amis, Christian et Nono. C’est un départ en toute simplicité, sans tambour ni trompette et sans la presse.

 

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 … Et me voila parti !

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Christian m'accompagne jusqu’à Sainte-Anne située à 30 kilomètres.  Et nous voilà parti ! Nous n'avons pas fait un kilomètre, qu'il faut déjà s'arrêter. Mon compteur kilométrique ne fonctionne pas. On fait demi-tour et on essaie de comprendre. Christian me propose son compteur ; on démonte, on remonte. Le compteur de Christian ne fonctionne pas non plus. Il est 10h45 et je suis toujours au point de départ. Je décide finalement de partir avec un compteur hors service. Typhaine, très philosophé, me dit “Papy c’est tout simplement l’aventure qui commence !”

A Sainte Anne d'Auray, Christian me quitte. Je vais maintenant continuer seul. On se serre chaleureusement la main. Christian me dit : "Je vais aller brûler un cierge pour toi à la basilique". Sainte Anne d'Auray est la patronne protectrice des bretons.

A Vannes, je passe devant un magasin Décathlon dont j’ignorais l’existence. Je rentre dans le magasin avec mon vélo. L'atelier est juste devant l'entrée. J'explique mon problème au jeune mécanicien. Ils sont tous jeunes chez Décathlon. Diagnostic : ce sont des interférences magnétiques générées par le régulateur de tension et la batterie tampon dans la sacoche du guidon qui perturbent le fonctionnement du compteur. Ce dernier reçoit les signaux à distances. Je file au rayon vélo et prends un compteur filaire. Le mécano sympa me l'installe. Le diagnostic est juste, ça marche !

Il est déjà 13h30, je déjeune au restaurant en face du magasin : faux-filet frites.

Resto_Vannes

A 14h30, je repars cette fois l'esprit tranquille.  Je commence enfin véritablement mon périple. La route est agréable, la température ne dépassera pas 32°C. Une brise constante rafraîchit l'air, ce n'est que du bonheur.

A 17h30, je m'installe comme prévu au camping à Herbignac. J'ai juste le temps d'installer la tente avant qu’une pluie d'orage commence. Je dîne copieusement sous le porche des sanitaires : pâtes, gruyère, pain, et beurre récupéré au restaurant. A 21h15 je me couche pour ma première nuit de nomade.

 Bivouac etape 1


Distance parcourue : 103 Km
Temps sur le vélo : 5h12
Moyenne horaire :  19,6 Km/h


 

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23 août 2011

Mardi 23 aout : 2ème étape Herbignac - Aizenay

Je me lève à 7h15, après une nuit agitée : vents violents, trombes d'eau, foudre. La température s'est rafraîchie. Il fait 20°C. Je déjeune debout sous le porche des sanitaires, et je plie au mieux la tente détrempée.

Je quitte le camp à 9h15. Le temps reste menaçant mais je n'aurai finalement pas de pluie sur le parcours.  Je traverse la Grande Brière. La routes est plate, rectiligne et un peu monotone. Je franchis le pont de Saint-Nazaire. Le vent est plein travers mais il est modéré. Le pont fait pratiquement quatre kilomètres. Au milieu du passage, j'ai une excellente vue sur les Chantiers de l'Atlantique.

Le Pont de Saint nazaire

Je déjeune dans un café-restaurant à St Père en Retz. C’est le jour du marché. Au menu : filet mignon, frites, salade, chocolat liégeois, vin, café, le tout pour 9,80€ !

Je roule jusque 18h15. Après 90 Km au compteur, les jambes sont plus faibles, la vitesse baisse. Après 110 kilomètres, les pentes sont plus difficiles à monter. Mon organisme n'est pas encore adapté aux longues distances avec un vélo chargé de bagages.

Je m’installe au camping d'Aizenay. Le soleil est revenu. Je récupère une table et une chaise dans le camp. C'est le grand luxe.  Au dîner : pâte/gruyère et deux poires que j'ai achetées sur le marché de St Père en Retz. A 21h30, il fait déjà pratiquement nuit. A 22 heures je suis couché.

Camping Etape 2

Distance parcourue : 119,64 Km
Temps sur le vélo : 6h17  
Moyenne horaire : 19,02 Km/h

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24 août 2011

Mercredi 24 aout : 3ème étape Ayzenais - Surgères

Je me lève à 7 heures. Le soleil est présent avec des altocumulus dans le ciel. Je me mets à rouler à 9 heures. Le temps est frais, la température est de 15°C.
Je traverse la Vendée, puis la Charente-Maritime. Je découvre les premiers champs de tournesols. Le déjeuner est prévu à Chaillé des Marais à mi-chemin de mon étape. Il n'y a pas de restaurant à Chaillé. Je déjeune avec regret dans un resto-route que je vais oublier très vite.

Je m’installe au camping de Surgères. Je n’ai pas de difficultés à “dénicher” une table et une chaise. Après un dîner modeste :  jambon/tomates, je me couche à 22 heures.

Camplng Surgères

Distance parcourue : 112,70 Km
Temps sur le vélo : 5h58  
Moyenne horaire : 18,88 Km/h

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25 août 2011

Jeudi 25 aout: : 4ème étape Surgères-Pons : le début de la sagesse

Je me lève à 6h45 et quitte le camp avant 9 heures. Le ciel est bleu, la température est de 16°C. Au départ de cette quatrième étape, je décide de changer de stratégie. Depuis le départ, j’ai l’obsession de la performance. Je me rends compte que c’est idiot. Je veux dorénavant prendre mon temps. Je m'interdis de consulter ma moyenne horaire sur mon compteur. Désormais, je ne pédalerai plus dans les descentes, à la recherche du meilleur rapport. Le pédalage suffit sur le plat et dans les côtes.

 

Tonnay Boutonne

Ce voyage est aussi un voyage intérieur pour mieux me connaître et vivre moins "speed". Ce n'est pas une course contre la montre. Je ne fais pas le Tour de France. Je n'ai pas de délai pour terminer mon périple. Franck, Patricia et Sylvain se débrouilleront très bien sans moi au bureau. Mieux encore, ils prendront de l'assurance en mon absence. Huguette ne cesse de me dire que le temps va être long en mon absence, elle saura être patiente.

A midi, je déjeune en terrasse à Saintes, dans une brasserie proche de la cathédrale : noix de basse côte, sauce au poivre, gratin dauphinois, et dame blanche en dessert. Je ne  quitte pas des yeux Roll 2 stationné à deux mètres de ma table. Il fait ce midi office de “sèche-linge” car mes vêtements, lavés la veille, n’ont pas séchés cette nuit.

 

Resto Saintes

L'après-midi, la température grimpe jusque 32°C. Mon fessier et la selle de Roll 2 sont en conflit. Il va bien falloir qu'ils deviennent de bons amis. En attendant, je me pommade avec Pedi-Relax aux huiles essentielles, une crème anti-frottement. Ce qui est bon pour les pieds doit être bon pour les zones plus délicates.

Le temps devient orageux. Je décide d’installer le bivouac dans le camping municipal de Pons que j’atteins à 15 heures. J'ai décidé de ne plus me presser.

Après une promenade pédestre dans le centre de Pons et quelques courses, je dîne au camping : tomates, maquereaux au vin blanc, et pêches.
 

  Campling___Pons

 

 

Camplng Pons 3

 

Ce soir on annonce des orages et des vents violents. 

 

Distance parcourue : 69.68 Km
Temps sur le vélo : 4h24
Moyenne horaire : 15,81 Km/h

 

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26 août 2011

Vendredi 26 aout: 5ème étape Pons-Saint André de Cubzac

Hier soir, le responsable du camping me communique une information de la mairie. Une alerte météo est prévue à partir de 22 heures avec des vents violents et des orages.

Le festival “son et lumière” démarre à une heure du matin. Il dure deux bonnes heures. Malgré ce “coup de tabac”, la tente résiste au vent et à l’eau.

Je me lève à 7 heures. La pluie a cessé. Je prends mon temps, car je souhaite que la tente ait le temps de sécher. A 7h30, c'est à nouveau le déluge. La tente est démontée sous la pluie. Je suis dans un terrain argileux dans lequel je "m'englue".

A 10 heures, une accalmie me permet enfin de partir. Sur la route, les voitures roulent avec les feux allumés ; ce n'est pas bon signe. La route est détrempée. Je dois faire attention aux gerbes d'eau lorsque les voitures et les camions me doublent. La route est de plus en plus vallonnée. Les vignes alternent avec les champs de tournesols.

Mon fessier me fait toujours souffrir. Hier soir, je suis allé dans une pharmacie à Pons prendre une crème contre les brûlures. Je crains des ampoules, voir des plaies jusqu'au sang.

Je déjeune à Montendre dans une pizzéria. Roll 2 est soigneusement rangé dans l’arrière cours. Je reste toujours méfiant depuis la disparition de Roll 1. Je repars à 13h30. Le paysage devient de plus en plus verdoyant.

Je quitte la Charente pour la Gironde. Je décide de passer par Blaye, de suivre la Gironde, puis la Dordogne jusqu’à Saint André de Cubzac, mon bivouac de ce soir. Pour la première fois, j'ai un vent de face, relativement fort. Je traverse les côtes de Blaye puis les côtes de Bourg.

Cote_de_BlayeJ’arrive à 16h30 au camping “Pont-Neuf” à quelques centaines de     mètres de la Dordogne. A peine ai-je installé la tente qu'un orage éclate.

Ce soir, ce sera une soupe et un coucher de bonne heure car le camping est pratiquement vide et l'accueil a été plutôt froid.

Camplng_St_Andr__de_Cubzac

Distance parcourue : 92,95 km
Temps sur le vélo : 5h20
Moyenne Horaire : 17,23 Km/h

 

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27 août 2011

Samedi 27 aout : 6ème étape Saint André de Cubzac - Hostens

Je me lève à 6h15 après une nuit encore pluvieuse. La pluie ne me dérange pas dès lors qu’elle tombe la nuit. La pluie en journée, c’est autre chose !  Pour l’instant j’ai été épargné. Il fait 13°C, le ciel est encore chargé de nuages.

Je lève le camp à 8h30 en direction de Bordeaux que je traverse vers 10 heures. Il y a peu de trafic, nous sommes samedi. Le soleil se met à nouveau à briller. Je traverse le centre-ville. Les Bordelais prennent le café en terrasse. C’et un sentiment de quiétude, nous sommes en week-end.

Bordeaux_0

Bordeaux_1

Bordeaux_2

JJe traverse ensuite Bègles et enfin la Grande Couronne qui entoure la communauté bordelaise. Me voici maintenant dans les vignobles de Graves.

Il est midi ; je m'arrête à Léognan. C'est le jour du marché. L'unique bar-brasserie du bourg ne fait pas la restauration le samedi. Il m’est indiqué que le seul restaurant de la commune ouvert est à l'aérodrome de Léognan. C’est étonnant pour un jour de marché. L’aérodrome est sur ma route. J’avais mis mon vélo en sécurité sur la place et oté tous les bagages. Je ré-harnache Roll 2 en faillant perdre la clé de mon antivol tombée dans la grille d’un caniveau. Je me rends à l’aérodrome. Il y règne toujours une Ambiance particulière que je connais bien pour avoir fréquenté ce type de lieu pendant des années. Je déjeune en terrasse, face à la piste. Les pilotes du dimanche font leurs balades dominicales en Robin DR 400 ou en Cessna 172.

Je choisis le menu “Pilote”. Il n’est pas très sportif : charcuterie, perche aux petits légumes, gâteau au caramel, café. Le restaurant est complet. Les Bordelais sont venus déjeuner en famille avec enfants, parents et grand parents.

A 14 heures je reprends la route. Le chemin bordé de résineux est sympathique. Je fais escale à Hostens à 16 heures, mon bivouac de ce jour. J'ai encore suffisamment de ressources pour continuer mais le prochain camping repéré sur ma route est à 82 kilomètres. Le camping est sympa. Il y a peu de monde. C’est aussi un lieu d’escale des pèlerins en route vers Compostelle. Les grandes tentes destinées aux pèlerins sont vides. Elles sont surtout utilisées au printemps, période plus propice pour les marcheurs. Au dîner j’ai préparé un cassoulet et je déguste deux poires en dessert.


Distance parcourue : 80,89 Km
Temps sur le vélo : 4h42
Moyenne horaire : 17,18 Km/h

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28 août 2011

Dimanche 28 aout : 7ème étape Hostens - Hagetmau

13°C. Je quitte le camping à 8h30 après une causette avec un couple de retraités d'Amsterdam. Ils se rendent à Compostelle à vélo. Ceux sont les premiers cyclo-randonneurs que je rencontre depuis le début de mon périple.

Il y a peu de voitures sur la route. C’est dimanche et c’est aussi une tempête de ciel bleu. Au dixième kilomètre, je rencontre une première voiture, qui s’arrête à ma hauteur. Le conducteur baisse la vitre. Il me dit :  "Attention, à 250 mètres, il y a un rottweiller au bord de la route. Il s'est précipité sur ma voiture, il m'a suivi pendant une cinquantaine de mètres”. Je lui dit alors :"Que me conseillez-vous ?". Il me répond : "Si j'étais vous je ferais demi tour". Sur ce, l'automobiliste poursuit sa route. Ce n'est tout de même pas un "clebs" qui va m'empêcher de poursuivre ma route. Si Huguette m'avait accompagné, c’eut été la fin du périple !

Il y a une maison isolée à cinquante mètres. Je vais jusqu'au portail. Un chien de garde se met à aboyer. Il réveille toute la maisonnée. Le propriétaire sort dans le jardin en babouches et robe de chambre. Je l'informe de la présence du rottweiller sur la route, à priori agressif. Il me dit que c'est celui de son voisin. Il  m'explique que dans les Landes, les anciennes fermes transformées en propriété sont très souvent non clôturées d'où la présence de chien de garde. Je lui demande si il veut bien téléphoner à son voisin pour qu'il rentre son chien. Il me dit qu'il n'a pas son numéro de téléphone. Alors je lui demande un bâton, qu'il me donne volontiers en précisant cependant que le bâton pourrait exciter le molosse.

J'imagine déjà le fauve sautant sur Roll 2, portant ses crocs sur la selle cuir et sur les sacoches en toile. Bâton sur le guidon, je reprends la route, l'œil vigilant. A cent mètres, effectivement, le molosse est devant le portail à l'extérieur de la propriété. Il semble assoupi, le museau entre les pattes avant. Je roule en faisant le moins de bruit possible. J'ai passé la zone de danger.

Il y a peu d'habitations dans les Landes. Les villages sont peu nombreux et distants en moyenne de quinze kilomètres. Je déjeune à Brocas les Forges dans un restaurant un peu guindé.

Chalais landaisJe quitte le massif forestier à Mont de Marsan. Je traverse la rivière de l'Adour au kilomètre 402. Je m'installe à Hagetmau à 16H30 dans un camping quatre étoiles. Le forfait pour une nuit est à 22 € ; c'est cher pour un vélo. Je parviens à négocier à 10 €. J'ai un emplacement avec sanitaires privé et clés ce qui explique le prix initial élevé. Je sympathise avec le responsable du camp ; il m’offre une bière. Au dîner ce soir, c’est une choucroute et des brugnons. Demain, je serai à Saint Jean Pied de Port. Je prendrai une journée de repos avant de franchir les Pyrénées. 

Maison landaise

Je quitte le massif forestier à Mont de Marsan. Je traverse la rivière de l'Adour au kilomètre 402. Je m'installe à Hagetmau à 16H30 dans un camping quatre étoiles. Le forfait pour une nuit est à 22 € ; c'est cher pour un vélo. Je parviens à négocier à 10 €. J'ai un emplacement avec sanitaires privé et clés ce qui explique le prix initial élevé. Je sympathise avec le responsable du camp ; il m’offre une bière. Au dîner ce soir, c’est une choucroute et des brugnons. Demain, je serai à Saint Jean Pied de Port. Je prendrai une journée de repos avant de franchir les Pyrénées. 

Distance parcourue : 117,90 Km
Temps sur le vélo : 6h34
Moyenne horaire : 17,92 Km

 

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