Je quitte le camping à huit heures, cette fois à vélo par la piste qui conduit au village. Je prends mon petit déjeuner à la terrasse de nom café de hier soir : pain grillé, beurre, confiture, miel, café au lait. Le tenancier m’indique la route pour rejoindre à nouveau la nationale Essaouira-Agadir. Il me prévient qu’au bout de deux km, je devrai poursuivre à pied pendant plus d’un kilomètre, car la pente est très raide. Un peu arrogant, je lui dis que je viens de faire plus de trois mille kilomètres, que j’ai traversé les Pyrénées et que je n’ai pas l’intention de mettre pied à terre aujourd’hui dans la première bosse. Il sourit et me dit qu’il n’a jamais vu un cycliste avec des bagages, parvenir à monter ce col jusqu’au bout sur le vélo !

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Je quitte le village à neuf heures. Je dois reprendre à nouveau les 350 mètres d'altitude perdus la veille en 18 kilomètres. Cette fois, je vais reprendre l’altitude en trois kilomètres, c'est à dire avec une pente supérieure à 10%. Mon arrogance de ce matin m’a dopé ; je n’ai pas mis pied à terre. Je suis dorénavant “apte” à monter l'Alpe d'Huez.

Je rejoins la nationale qui conduit à Agadir. Je traverse de jolis petits villages. Les maisons sont peintes en rose ou en mauve. Il y a peu de circulation. Nous sommes dimanche. La terre est pauvre et aride. On y élève des chèvres gardées la plupart du temps par les enfants.

IMGA0114Vers onze heures, je fais une pause "biscuit" au bord de la route face à la mer. Je suis rejoins par un grand-père fort sympathique. Je partage avec lui mes biscuits. Il a 82 ans et a participé comme soldat à la libération de la France, du débarquement en Méditerranée jusqu'à la capitulation en Allemagne.

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Très souvent avant de me faire doubler, les voitures klaxonnent très bruyamment. Ce n'est pas pour me signaler : “Pousse toi, laisse moi passer". C'est en fait pour me saluer et m'encourager. Le passager de droite ouvre la vitre et applaudit des deux mains en criant “bravo et bon courage”.

Je déjeune à trente kilomètres d'Agadir. La fin du parcours est une succession de plages bondées de marocains. Il fait beau, les gens se baignent.

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J'arrive à Agadir à seize heures avec un vent dans le dos me permettant une moyenne de trente kilomètres par heure sur les quinze derniers kilomètres. J'avais dit à mes proches et à mes amis que j'irais à Agadir à vélo. Maintenant je peux dire que je l'ai fait.

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Distance parcourue : 99,99 Km
Temps sur le vélo : 5h37
Moyenne horaire : 17,76 Km/h